Témoignage: cuisine à l’orientale

C’est étrange, quand même. Samedi dernier, j’ai fait un tour à Marrakech pour participer à un cours de cuisine. Cela n’est peut-être pas choquant selon vous, mais quand j’en ai parlé à ma belle-mère, elle a failli se faire dessus tellement elle riait (c’est elle-même qui me l’a dit ; oui, j’ai une belle-mère très classe). Parce que il n’y a encore pas si longtemps, la cuisine était pour moi un univers inconnu. Je détestais ça. Dès que ma femme partait quelques jours, je retrouvais mon copain Ronald (vous savez, le clown qui fait grossir ?). C’est simple : en cuisine, je ressemblais à une vache à qui on voudrait apprendre à conduire un train. Quand ma femme me demandait de la seconder, elle jetait très vite l’éponge. Ca donnait quelque chose du genre : « Découper ce légume ? Pas de problème. Comment on fait ? Lamelles ou petits cubes ? Comme ça, ça va ? Tiens, je me suis coupé le doigt. Où est passé le légume ? Pourquoi il est par terre ? » Au bout d’un moment, ma chère et tendre, bien que patiente, finissait par me sortir de la cuisine, préférant travailler seule. Elle croyait même que je faisais exprès pour échapper à la corvée ! Avec le recul, j’ai du mal à comprendre mes réactions d’alors. Cuisiner me donnait des sueurs froides. J’étais pris d’un doute affreux à chaque geste. Jusqu’au jour où j’ai eu comme un déclic. J’ai dû passer trop de temps à voir Philippe Etchebest engueuler des cuisiniers (oui, c’est étrange, parce que si je détestais la cuisine, j’étais fasciné par les émissions parlant de cuisine !). Sur un coup de tête, donc, j’ai soudain voulu cuisiner. La première fois, ce n’était rien de très complexe : un simple gratin de courgettes. Et pourtant, ça a tout de même été un tel désastre que l’on a fini par tout mettre à la poubelle. Mais cette fois, cet échec ne m’a pas affecté : le lendemain, je me suis lancé dans un nouveau plat. Puis j’ai pris l’habitude. Ce n’était pas toujours excellent. J’ai appris qu’au début, mon fils refilait discrètement le contenu de son assiette au chien sous la table. Mais progressivement, j’ai commencé à avoir les bases, à acquérir les gestes. Et voyant qu’elle n’arriverait pas à me faire renoncer, ma femme a décidé de combler mes lacunes avec ce cours de cuisine à Marrakech. Une excellente stratégie : faute de ne pouvoir me faire renoncer, autant faire en sorte de manger le moins mal possible ! :) Je sais que ne deviendrai jamais un roi de la gastronomie. Mais le chef de ce cours m’a félicité pour ma technique. Il y a encore de l’espoir, vous dis-je !

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